Portrait de Lucie Tremblay
Éditorial de la présidente
Lucie Tremblay
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Une profession en constante évolution

Publié le 16 novembre 2017

Chères collègues, chers collègues,

Dans quelques jours auront lieu notre Assemblée générale annuelle, notre Congrès au thème fort et évocateur : Profession infirmière. Profession affirmée., ainsi que le Symposium de la collaboration en santé. Trois événements dignes de mention qui nous permettent de faire une pause pour réfléchir et échanger entre nous. C’est aussi une occasion d’écouter des conférenciers et panélistes qui nous invitent à découvrir et à nous approprier de nouvelles idées ou concepts. L’OIIQ met ainsi tout en place afin de créer un contexte favorable à la réflexion – réflexion qui nous pousse parfois à remettre en question nos façons de faire, et aussi, disons-le, à approfondir le sens que nous donnons à notre pratique professionnelle.

Chaque année, le Portrait de l’effectif infirmier, cet instantané statistique chiffré de notre profession, joue, en quelque sorte, ce même rôle, en plus de nous amener à réfléchir à la place que devrait prendre notre profession dans le système de santé. J’aimerais donc prendre le temps avec vous de revenir sur quelques chiffres qui me semblent importants, lesquels nous définissent et soulignent combien l’attrait de notre profession est toujours aussi grand. En ce sens, nous regarderons ensemble les défis qui sont rattachés à ce portrait.

Une profession toujours aussi attrayante

Au 31 mars de cette année, nous étions 74 469 infirmières et infirmiers au Québec. L’OIIQ avait délivré quelque 3 400 permis d’exercice dans les douze mois précédents. Nous n’avons jamais été aussi nombreux, et nous ne pouvons que nous réjouir de voir qu’année après année, notre profession continue de séduire les jeunes, qui sont presque 15 000 en ce moment, partout au Québec, à étudier en vue d’entrer dans la profession.

Ces chiffres ne doivent pas pour autant dissimuler deux réalités qui, je ne vous le cacherai pas, m’inquiètent et m’amènent à me questionner.

Une intégration plus difficile

Premièrement, parmi ces nouveaux titulaires de permis, 17 % déclarent ne pas avoir d’emploi, alors que le réseau de la santé et les patients en auraient cruellement besoin. Si l’on ajoute les membres ayant obtenu leur permis depuis le 31 mars dernier et qui sont toujours sans emploi, il y aurait près de 1 000 infirmières et infirmiers de la relève, y compris des diplômés hors Québec, qui sont en attente en vue d’intégrer le marché du travail. Cette problématique concerne tout particulièrement la relève diplômée hors Québec et celle titulaire d’un DEC.

Cette situation est étonnante dans un contexte où le réseau dit vivre de grandes difficultés de recrutement.

Deuxièmement, on ne peut que se surprendre du fait que le taux d’emploi à temps complet pour l’ensemble de l’effectif infirmier du Québec baisse depuis deux ans. Cette réduction est particulièrement criante pour la relève, alors que seulement 19 % des nouveaux membres travaillent à temps complet.

Je vous avoue être stupéfaite par ces chiffres, d’autant que les besoins de la population semblent criants.

Diplômés hors Québec : des solutions existent

Pour les diplômés hors Québec, je l’ai rappelé récemment à Québec, des solutions existent : meilleur financement des établissements d’enseignement et des milieux cliniques, amélioration des conditions d’admission au programme d’intégration, meilleure coordination entre la stratégie d’accueil des professionnels immigrants et les besoins de main-d’œuvre du Québec, pour ne nommer que celles-là. L’OIIQ est prêt à participer à leur mise en place, sous l’égide du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, qui a l'expertise, les compétences et l'autorité pour le faire.

Titulaires d’un DEC : une formation en phase avec les besoins changeants de la population

En ce qui concerne les titulaires d’un DEC, je vois dans ce constat une conséquence de l’évolution des besoins en soins de santé. J’y vois en revanche un encouragement pour notre relève à poursuivre vers des études universitaires. La relève titulaire d’un diplôme universitaire apparaît avec un taux d’employabilité supérieur 90 %, comparativement à 83 % pour les titulaires d’un DEC.

En effet, si nous voulons façonner les soins de l’avenir, la relève doit être préparée à répondre aux besoins évolutifs des patients. Les soins, notamment ceux destinés aux personnes vivant avec une maladie chronique, doivent donc, de plus en plus, être prodigués dans la communauté. Depuis quelques années, cette portion de la formation est enseignée seulement à l’université. Les besoins changent et nous devons songer à nous adapter. Il faut encourager notre relève à se préparer à relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

J’espère avoir la chance de vous croiser lundi et mardi prochains et que nous pourrons échanger davantage sur le sujet.

Lucie Tremblay,

Présidente de l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec

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