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Lucie Tremblay
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Une journée pour les aînés, toute une vie pour les aimer!

Publié le 2 octobre 2017

Chers collègues,

La Journée internationale des aînés s’est déroulée le 1er octobre, sans faire de bruit. Mais pour l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’accès aux soins de santé pour les aînés est une priorité de tous les instants. L’OIIQ fait des plaidoyers constants auprès du gouvernement pour promouvoir des soins de santé qui répondent aux besoins de ces citoyens particulièrement vulnérables. Je l’avoue humblement, et la plupart d’entre vous le savent, j’ai une tendresse toute particulière envers ces personnes pour les avoir côtoyées pendant une bonne partie de ma vie.

Vieillir en santé : un défi collectif

C’est un fait, et personne ne s’en plaindra : notre espérance de vie ne cesse de s’allonger. Nous sommes donc de plus en plus nombreux à atteindre des âges que peu d’entre nous atteignaient il n’y a pas si longtemps encore. Cette réalité soulève un défi majeur : celui de nous offrir collectivement la possibilité de vieillir dans la dignité et de recevoir des soins dans tout le continuum de soins et services.

Les solutions sont connues. Il ne reste qu’à les mettre en œuvre.

Des solutions infirmières existent, déployons-les

Mémoire présenté à la Commission de la santé et des services sociaux et à la Commission de révision permanente des programmes, réflexion sur le soutien aux aînés à domicile, énoncé de position rédigé avec quinze ordres professionnels de la santé et des services sociaux en collaboration avec le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), participation au projet pilote des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en centre d’hébergement : l’OIIQ s’est déjà prononcé maintes fois au cours des dernières années et a fait de nombreuses propositions visant à améliorer les soins et services offerts aux personnes âgées à domicile ou hébergées. L’OIIQ a même rédigé une synthèse de ses propositions dans un mémoire intitulé « Pour des mesures concrètes de bientraitance dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés. »

Mettre l’expertise infirmière au service des plus vulnérables

Ces travaux, ainsi que les démarches et rencontres avec nos partenaires qui en découlent, n’avaient qu’un seul but : persuader les décideurs politiques et faire la démonstration que les quelque 74 000 infirmières et infirmiers du Québec sont les plus à même de faire face à la perte d’autonomie et aux maladies chroniques qui accompagnent inéluctablement le vieillissement. Et pour y parvenir, la collaboration avec les autres professionnels de la santé et des services sociaux est essentielle.

« L'infirmière agit comme un liant. Il y a une synergie qui s’installe dans l’équipe interdisciplinaire. » Lucie Tremblay, présidente, Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec1

IPS en CHSLD : une solution éprouvée, désormais reconnue

Le ministre Gaétan Barrette a récemment annoncé qu’il souhaitait que les IPS aient davantage de responsabilités en CHSLD. Au nom des résidents, j’en suis ravie. Lors du déploiement du projet vitrine, une étude de Kelley Kilpatrick a par ailleurs fait la démonstration de la valeur ajoutée pour les équipes de soins des IPS.

En effet, comme je le rappelais récemment en entrevue à Radio-Canada, l’utilité des IPS en CHSLD, comme partout où elles exercent, n’est plus à prouver. Un projet pilote, mis sur pied en 2015, a démontré que leur présence améliorait la gestion de la médication et diminuait ce que l’on appelle « les événements indésirables » (chutes, utilisation de contention, infections nosocomiales); elles deviennent en outre les personnes de référence pour les familles et ces personnes hébergées. Un élément fondamental, quand on sait que 85 % des personnes vivant en CHSLD accusent un déficit cognitif – ce qui rend difficile la communication.

Nous ne pouvons qu’être satisfaits de cette reconnaissance de l’expertise infirmière, complémentaire à celle des autres professionnels avec qui nous collaborons, pour le bien-être optimal du patient.

« Le CHSLD en anglais est un « nursing home ». La composante de soins infirmiers est donc très importante dans ces centres d’hébergement-là, et l’infirmière spécialisée arrive avec son expertise et, en plus, des activités médicales. » Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec1

Les aînés sont les bâtisseurs de notre société. Et les grandes sociétés sont celles qui prennent soin de leurs citoyens les plus vulnérables. Cette journée des aînés nous rappelle qu’il est essentiel d’intensifier les efforts pour que l’offre de soins à ces personnes soit adaptée à leurs besoins, et ce, dans tout le continuum de soins.

Lucie Tremblay,

Présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

1Les superinfirmières au secours des CHSLD, une solution selon l'Ordre des infirmières, Radio-Canada, 21 septembre 2017

2Barrette veut donner plus de pouvoirs aux super infirmières, Le Soleil, 21 septembre 2017

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