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Lucie Tremblay
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Quand l'équité s'en mêle : même les citoyens les plus vulnérables ont droit à l'accès aux soins de santé

Publié le 7 Avril 2016

La clinique SABSA est à la une de l'actualité et suscite beaucoup d'intérêt chez plusieurs d'entre nous. Hier, je me suis rendue sur les lieux et je suis convaincue que cette initiative infirmière, veillant quotidiennement sur la santé des citoyens les plus vulnérables, doit se poursuivre et trouver un financement adéquat pour assurer sa pérennité.

Est-ce la charité et la générosité des Québécois qui doivent, à elles seules, assurer l'accès aux soins des personnes les plus vulnérables? Je ne le crois pas. Est-ce que cela est une solution? Je ne le crois pas non plus. Est-ce que le gouvernement du Québec doit trouver une issue à ce problème? Assurément, c’est son rôle. L'accès équitable aux soins de santé, pour tous, est une priorité de l'OIIQ. Aujourd'hui, face aux difficultés de financement de la clinique SABSA, c'est ce qui est mis en péril.

Les infirmières sont une porte d'entrée importante pour l'accès aux soins sécuritaires à la portée de tous; elles sont une des clés contribuant au désengorgement du système de santé. Pour cette raison, il faut encourager plutôt que décourager la présence d’infirmières en première ligne.

Lors de ma visite chez SABSA, j'ai pu côtoyer l'essence des valeurs de notre profession; la bienveillance de l'infirmière envers ses patients. J'ai été sensibilisée au fait que des infirmières reçoivent des patients qui leur sont référés par des instances officielles, tels le CIUSSS et les CLSC. Elles desservent une clientèle orpheline, sans médecin traitant malgré leur inscription sur la liste d'attente. Sur environ 700 inscriptions, seuls quelques patients ont eu accès à un médecin traitant. Ce qui est inadmissible.

Dans l'objectif de donner un accès équitable aux soins de santé, les infirmières de SABSA travaillent dans un cadre de collaboration professionnelle avec les autres professionnels de la santé, tels les nutritionnistes, les pharmaciens ou les médecins. Quand un médecin est requis, l’infirmière réfère le patient à un collègue. Dans 95 % des cas, les infirmières de SABSA ont pu soigner le patient sans qu'il soit référé à un médecin, occupant ainsi la pleine étendue de leur champ d'expertise.

L'OIIQ demande au ministre Gaétan Barrette de rencontrer Isabelle Têtu, l’infirmière praticienne spécialisée qui pilote la clinique, afin qu'elle lui présente l'état de la situation et qu'ils trouvent ensemble une façon de préserver l'accès aux soins des patients vulnérables de SABSA.

Au nom de la santé des Québécois, on ne peut laisser tomber ces quelque 1 500 patients vulnérables qui ont besoin et qui ont, surtout, droit aux soins.

Lucie Tremblay

Présidente

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