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Lucie Tremblay
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Prendre sa place

Publié le 2 mars 2016

Chers collègues,

À l'aube du 8 mars, journée de célébration mondiale rendant hommage à la lutte des femmes pour l'égalité des droits, je ressens toujours une vive gratitude envers toutes ces femmes qui ont montré le chemin de la liberté et lutté pour l'accomplissement personnel et professionnel des femmes. C'est grâce à elles que chaque matin, nous pouvons prendre en main notre destinée et avoir le droit de cité dans les instances démocratiques nationales. Je ne dis pas qu'il ne reste pas d'embûches, mais nous pouvons le faire aujourd'hui. Certes, nous pourrions être plus nombreuses à occuper des sièges de représentantes dûment élues que ce soit à Ottawa, à Québec ou dans les mairies des conseils municipaux du Québec, il reste que nous prenons de plus en plus notre place.

En ayant à l’esprit cette idée de Prendre sa place, je désire avec vous rendre hommage à deux infirmières de profession qui non seulement ont pris leur place, mais ont contribué à changer le monde par leur engagement personnel et politique.

Rappelons-nous les contributions de Mme Lucie Pépin, lauréate d'un prix Florence en 2004. Son engagement social et politique fait honneur à la profession. Elle a consacré sa carrière à la promotion de la santé, à la justice sociale et aux droits des femmes. Sa notoriété dépasse nos frontières. Députée, sénatrice, membre de l'Ordre national du Québec, elle a aussi agi à titre de conseillère auprès de l'Organisation mondiale de la santé, des fondations Rockefeller et Ford ainsi que du Conseil de la population.

Je pense aussi à Mme Madeleine Dalphond-Guiral, infirmière et professeure en soins infirmiers. Elle a aussi choisi la voie de l'engagement politique afin de se dépasser et de contribuer à l'évolution de la société. Elle a été élue députée fédérale pendant près de 10 ans, mandat durant lequel elle a été nommée whip adjointe de l'opposition en 1993 et whip en chef de l'Opposition officielle à la Chambre des communes du Canada en 1996. Elle a été la première québécoise à occuper cette fonction à Ottawa. Ses qualités d'infirmière en ont fait une porte-parole dédiée à plusieurs causes en matière de questions sociales, des nouvelles technologies de reproduction, des droits des personnes handicapées, des droits de la personne, de la citoyenneté et de l’immigration.

Prendre sa place, c'est aussi un thème qui nous tient à cœur en tant qu'infirmières et infirmiers du Québec, car cet enjeu se trouve au centre même de notre profession. Nous le mentionnons souvent, notre champ d'exercice est vaste, et nous devons exercer un leadership constant dans les établissements de santé afin de jouer un rôle de premier plan en toute autonomie professionnelle et exercer les activités qui nous sont dévolues par la loi. Ces règles qui encadrent notre profession nous confèrent cette autonomie professionnelle que nous pouvons et devons prendre.

Je tiens aussi à nous féliciter pour l’adoption à l'unanimité de la motion Façonner les soins infirmiers de l'avenir lors de notre dernière AGA du 9 novembre dernier. Ce moment fut mémorable pour notre profession. Ce jour-là, nous avons décidé ensemble de façonner l'avenir de la profession infirmière avec tout ce que cela comporte : veiller à ce que la population ait accès à des soins de santé sécuritaire, avoir le courage de prendre position publiquement quand les patients, et surtout, les plus vulnérables ont besoin de soins spécialisés, et prendre les mesures nécessaires pour faire évoluer notre profession aujourd'hui afin que la population ait accès à des soins de qualité pour répondre aux problématiques de santé demain.

Pour ensemble, prendre notre place,

Lucie Tremblay
Présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

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