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Éditorial de la présidente
Lucie Tremblay
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Les membres de l’OIIQ : chefs de file du virage patient

Publié le 9 Juillet 2015

En mai et juin, j’ai réalisé une des activités les plus significatives comme présidente de l’Ordre, soit de rencontrer les infirmières et infirmiers dans des établissements de soins ou lors des assemblées annuelles des ordres régionaux. Au total, j’aurai rencontré quelques milliers de personnes des régions de Lanaudière, de l’Outaouais, de la Montérégie, de la Mauricie, de Québec, de Montréal, de Chaudières-Appalaches, de l’Estrie, de la Gaspésie Bas-Saint-Laurent-Îles-de-la-Madeleine, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi-Témiscamingue. Voici la liste des établissements visités. Enfin, comme je serai en vacances sur la Côte-Nord cet été, j’ai convenu d’une visite avec ma collègue présidente de l’Ordre régional de cette région. Cela complètera ma tournée de toutes les régions. Aujourd’hui, à la suite de cette tournée, je suis heureuse de partager avec vous quelques réflexions.
 

Toucher les gens

Les dossiers prioritaires de 2015 de l’Ordre, dont la gouvernance infirmière, la prestation sécuritaire des soins, la prescription infirmière, la collaboration interprofessionnelle, la présence infirmière en CHSLD et les projets vitrines avec des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en CHSLD, reçoivent un fort appui de l’ensemble des infirmières et infirmiers rencontrés. C’est un message clair que vous avez transmis tant aux ordres régionaux qu’à l’OIIQ. Ces priorités mobilisent beaucoup parce que ça touche les gens, nos patients, à qui nous donnons des soins.
 

On ne baisse pas les bras

Vous m’avez fait part de vos observations, de vos réalisations, de vos projets. Je constate votre enthousiasme, votre détermination et, bien que la transformation du réseau dans le secteur de la santé inquiète parfois, votre persistance à mettre en valeur vos expertises est prioritaire. Je vous réponds bravo! Poursuivons sur cette lancée, et au quotidien.

C’est ma troisième tournée régionale depuis que je suis présidente de l’OIIQ. Cette fois-ci, j’ai visité davantage d’établissements de santé et je m’attendais, vu le contexte actuel de réorganisation, à y déceler une certaine morosité. J’ai été surprise de constater que, malgré le rythme soutenu et tout le travail à effectuer, votre détermination à bien soigner n’est pas négociable. Disons-le : les conditions d’exercice actuelles ne sont pas toujours idéales, tant pour le personnel que pour les patients. Je le répète : les impératifs financiers ne devraient pas passer devant la prestation sécuritaire des soins.
 

Les sujets qui soulèvent de l’intérêt dans les régions

Les projets-vitrines

La présence d’IPS dans les CHSLD est clairement perçue comme une avancée. C’est ce qui ressort de nos échanges à ce sujet. Il est également souhaité que l’OIIQ poursuive ses efforts pour favoriser les bonnes pratiques en CHSLD avec la prestation sécuritaire des soins. Il existe aussi d’autres contextes où la présence d’IPS est souhaitée. Nous pourrons y revenir.
 

La collaboration interprofessionnelle

Les infirmières et infirmiers ont toujours travaillé en collaboration interprofessionnelle et que nous prenions le leadership de cette collaboration va de soi; nous travaillons en collaboration sur une base continue et depuis longtemps. Plusieurs personnes m’ont parlé de leur satisfaction quant à l’énoncé conjoint sur la collaboration interprofessionnelle annoncé le 1er juin dernier par l’OIIQ avec l’OPQ et le CMQ. Lors de mon passage en Gaspésie, pendant le petit déjeuner, une discussion cordiale s’est amorcée avec un pharmacien. Il m’a notamment confié à quel point il appréciait ce que nous faisons, à l’OIIQ, pour favoriser cette collaboration interprofessionnelle. « Dans ma pratique comme pharmacien, la collaboration interprofessionnelle me permet de mieux soigner ma population », a-t-il tenu à préciser. Des témoignages de ce genre, j’en ai entendu tout au long de ma tournée des régions.

Quelques jours avant, des médias du Saguenay-Lac-Saint-Jean rapportaient que leur région s’illustrait comme chef de file justement par des initiatives de collaboration interprofessionnelle. Bref, j’ai constaté que nos membres sont fiers de ce qu’ils font dans leurs régions et nous avons tout à gagner à mettre en valeur ces initiatives.

Un message que j’ai bien entendu de plusieurs d’entre vous : faire connaître davantage vos initiatives. Je partage entièrement ce point de vue. Par contre, cela doit aussi venir de vous. L’idée de mettre à contribution vos initiatives par l’intermédiaire des ordres régionaux est bien accueillie et, comme je le mentionnais dans mon éditorial du début juin, nous en ferons un point récurrent aux réunions du conseil d’administration de l’OIIQ. À nous toutes et tous de faire rayonner notre profession, d’en parler, de faire connaître nos projets de collaboration interprofessionnelle et de rendre visible notre expertise.
 

Les médias : une relation à soigner!

Cette tournée s’est également signalée par plus d’une vingtaine d’entretiens avec des représentants des médias. D’entrée de jeu, j’ai constaté que tous sont sensibles au rôle des infirmières et des infirmiers. S’ils démontrent beaucoup d’intérêt pour les rôles que nous exerçons, il n’est pas nécessairement simple pour la population comme pour les journalistes de faire la différence entre les multiples facettes du rôle de l’infirmière : infirmière clinicienne, infirmière praticienne spécialisée, infirmière pivot, gestionnaire de cas, etc. Bref, ils en perdent leur latin!

Nous travaillons dans un environnement complexe et s’il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, il est important d’alimenter les journalistes sur une base régulière. En somme, il faut continuer d’échanger, non seulement avec les médias, mais avec toutes les parties prenantes, pour répondre aux questions. Soyons les porte-parole de notre profession. Après tout, nous sommes bien 73 600 membres pour en parler.

Autre élément : s’ils avancent que nous avons plusieurs solutions, les journalistes se demandent pourquoi elles ne sont pas davantage déployées. La majorité de ceux que j’ai rencontrés ont mentionné des expériences personnelles positives et disent beaucoup apprécier le travail des infirmières, pour finalement évoquer que nous avons une vocation. Alors que certains d’entre eux voient notre engagement à soigner comme une forme de bienveillance, d’autres témoignent d’une forme de pitié envers les infirmières. Je leur explique alors que dans le contexte actuel, ce n’est pas de faire plus, mais de faire différent que nous visons. Je m’assure aussi de leur faire comprendre que notre rôle en est un de bienveillance et non de pitié et que nous sommes motivés avant tout à offrir à nos patients des soins de qualité et sécuritaires. Vous me l’avez dit et redit, nous exerçons une très belle profession, mais aujourd’hui nous souhaitons investir une plus grande étendue de notre champ d’exercice. En clair, nous devons rappeler que tous peuvent gagner grâce à la mise à profit de l’expertise infirmière.
 

La suite de ma tournée 2015

J’entends bien, au cours des prochains mois, poursuivre notre précieuse collaboration avec les présidentes et présidents des ordres régionaux, particulièrement dans les dossiers clés de l’automne prochain, soit la prestation sécuritaire des soins, la prescription infirmière et les changements au code de déontologie. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Parallèlement, nous aurons à exercer un rôle de premier plan dans l’évolution de la pratique infirmière au sein des 34 nouveaux CISSS et CIUSSS. Il sera important non seulement que l’OIIQ et les ordres régionaux demeurent des leaders de l’intégration de la prestation sécuritaire des soins dans le secteur de la santé, mais aussi que chacune et chacun d’entre nous, dans nos milieux de pratique, mette l’épaule à la roue et agisse pour actualiser la prestation sécuritaire des soins dans les meilleurs délais. La prestation sécuritaire des soins et la gouvernance clinique sont étroitement liées et nous devons en maintenir l’importance dans nos échanges.

En résumé, vous m’avez confirmé que nous sommes là pour soigner, qu’il faut faire différemment et à partir de maintenant. Nous sommes compétentes et nous avons un champ d’exercice qui nous permet de prendre en charge la clientèle. À nous d’utiliser ces atouts et nos talents.

À l’automne, les négociations dans le secteur de la santé s’intensifieront. Il n’est évidemment pas dans la mission d’un ordre professionnel de s’immiscer dans ce processus. En ce sens, nous nous gardons une grande réserve. Néanmoins, je partage avec vous une réflexion. La littérature qui traite des impacts des conditions d’exercice sur la qualité des soins est abondante. Je suis de celles et ceux qui sont convaincus que pour pouvoir offrir de bons soins, il faut veiller sur les femmes et les hommes qui les donnent. Ainsi, traiter les infirmières et les infirmiers avec respect et équité, permettre des conditions d’exercice optimales, favoriser le développement professionnel et la formation, tout cela a des impacts positifs sur la qualité et la sécurité des soins aux patients. Dans mon esprit, c’est la suite logique de la prestation sécuritaire des soins, c’est-à-dire un concept d’établissement qui associe qualité des soins et satisfaction du personnel. Un environnement de travail sain est tributaire d’une bonne qualité de soins.

En terminant, je vous souhaite de bonnes réflexions, un bon été et je vous remercie de votre accueil chaleureux. J’ai déjà hâte à la prochaine tournée!

 

Bonnes vacances estivales!

» Pour nous faire connaître vos commentaires et initiatives, écrivez-nous à infolettre@oiiq.org

 

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