Portrait de Charlène Joyal
Chronique Jeunesse
Charlène Joyal

Vision jeunesse de la gouverne des soins infirmiers

Publié le 15 mai 2014

Lors d’une récente rencontre avec le Comité jeunesse provincial, la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay, nous a informés de la planification stratégique et des grandes priorités de l’OIIQ. L’une d’entre elles nous a grandement interpelés : la gouverne des soins infirmiers. Sachant que cette priorité était aussi le thème du récent Colloque des CII-CIR, les membres du Comité jeunesse ont décidé de monter un atelier thématique pour présenter la vision de la jeunesse infirmière de la gouverne en soins infirmiers et la contribution que les jeunes peuvent y apporter. Pour ce faire, des groupes de discussion composés de jeunes infirmiers et infirmières dans toutes les régions du Québec ont été organisés par les Comités jeunesse régionaux. Quatre thèmes importants ont été abordés : la gouverne des soins infirmiers, le leadership, l’engagement des jeunes et l’avenir de la profession. Voici donc un portrait de la vision jeunesse de la gouverne des soins infirmiers.
 

Définition de la gouverne

La majorité des jeunes infirmières et infirmiers a fait directement le lien entre la gouverne des soins infirmiers et le travail de la directrice des soins infirmiers (DSI). On y associe un rôle de gestion, un leadership fort et une vigilance quant à la qualité et la sécurité des soins. Ce rôle est soutenu par deux acteurs clés des organisations, le comité exécutif du conseil des infirmières et infirmiers (CECII). Un second rôle est de veiller au développement de la pratique infirmière. La gouverne implique aussi un travail de collaboration avec divers professionnels qui gravitent autour du client. Par contre, certains jeunes infirmiers et infirmières ont eu la franchise d’admettre qu’ils ne connaissent pas ce concept. Ils se sentent plutôt loin des gestionnaires, ne connaissent pas leur DSI et ne la voient jamais dans les unités de soins. Ils se sentent détachés de leurs instances de représentation. Une invitation est donc lancée aux jeunes, celle de prendre part à la gouverne des soins infirmiers et de contribuer ainsi à la rendre plus forte.
 

Leadership et engagement

Afin de participer à la gouverne des soins infirmiers, les jeunes infirmières et infirmiers proposent qu’on les intègre dans différents projets d’envergure dans les établissements. Ils sont engagés, aiment travailler en équipe, font preuve d’initiative et ont de nouvelles connaissances qui peuvent enrichir leurs collègues plus expérimentés. La collaboration intergénérationnelle est, selon eux, un gage de succès dans le développement de leurs compétences et les aide à mieux assumer leur leadership. Ils ont aussi le goût de faire partie d’équipes de travail qui se soucient de rester informées et d’être à jour dans leurs connaissances en vue d’assurer la qualité des soins. Un bon nombre d’entre eux font déjà partie de certains comités, notamment le Comité de la relève infirmière (CRI) ou le CECII de leur établissement. Les jeunes doivent participer à ces comités pour exprimer leurs points de vue et mettre à contribution leurs savoirs.
 

Avenir de la profession et interdisciplinarité

Selon les jeunes, deux défis importants se présentent pour la profession : le vieillissement de la population et la complexification des soins. À ces défis s’ajoute le départ à la retraite d’infirmières expérimentées qui forcera les jeunes à acquérir rapidement une expertise pour travailler dans le système de santé. Ils sont majoritairement d’avis qu’il faut rehausser la formation infirmière au niveau universitaire (baccalauréat) en vue d’acquérir les compétences requises pour l’exercice de l’analyse critique et du leadership infirmier, mais aussi pour avoir une base scientifique adéquate. Les jeunes seront appelés à travailler plus que jamais en santé communautaire, milieu où le travail autonome est central, ce qui requiert un solide jugement clinique. Ils sont aussi unanimes sur la nécessité de travailler en interdisciplinarité. Les situations cliniques sont de plus en plus complexes, notamment en raison des maladies chroniques, des pluripathologies et de la polypharmacie, qui exigent un travail interdisciplinaire. La collaboration avec les autres professionnels de la santé sera donc incontournable pour réussir à donner des soins et des services de qualité qui répondent aux besoins de la population.

La vision des jeunes infirmières et infirmiers est très positive et encourageante. La gouverne des soins infirmiers doit faire une place à la jeunesse infirmière et lui permettre de prendre part aux décisions, que ce soit par la participation à des comités ou des projets cliniques. Pour répondre à leurs besoins, il faut les soutenir au moyen de programmes d’accueil, d’orientation et d’intégration, mettre à profit leurs compétences, encourager la formation continue et valoriser le mentorat inversé. Les jeunes infirmières et infirmiers sont les leaders de demain. Participons à la gouverne des soins infirmiers!

 

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