Portrait de Marie Heppell Cayouette
Chronique Jeunesse
Marie Heppell Cayouette

Vers une culture de soins sécuritaires

Publié le 1 octobre 2015

Lors de la rencontre du Comité jeunesse en septembre dernier, les présidentes régionales et moi-même avons eu le privilège de recevoir Mme Odette Doyon, inf., Ph. D., professeure associée retraitée à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Sa présentation intitulée « La surveillance clinique infirmière : dernier filet de sécurité d’un patient » a été grandement appréciée. Les questions abordées mènent à la réflexion suivante : comment la jeunesse infirmière peut-elle contribuer au développement d’une culture de sécurité des soins?

La sécurité, une préoccupation partagée

En premier lieu, qu’est-ce que la sécurité des soins? L’Organisation mondiale de la santé la définit comme « la réduction à un minimum acceptable du risque de préjudice superflu associé aux soins de santé » (OMS, 2009). Autrement dit, c’est le fait « d’éviter de commettre des erreurs » et « de mettre en place des actions pour les prévenir » (Zuzelo, 2010).

Pouvons-nous considérer que l’absence de constat d’incident ou d’accident rime avec sécurité des soins? Bien entendu, la réponse est non. Devant l’importance de la sécurité des soins et à la lumière des rapports sur le sujet, le comité de la formation des infirmières a déposé un avis, en novembre 2014, recommandant d’inviter les établissements d’enseignement collégial et universitaire à examiner les activités pédagogiques et la formation visant le développement des compétences liées à la sécurité des soins, plus particulièrement celles sur la surveillance clinique. La sécurité des soins concerne tous les acteurs liés au développement des compétences requises à l’exercice de la profession, tant les établissements d’enseignement que les milieux cliniques.

Suivre les indicateurs de sécurité

Beaucoup de travail reste à faire en ce qui concerne la prestation sécuritaire des soins. La discussion suscitée par la présentation de Mme Doyon a rapidement mis en évidence l’importance d'encourager une culture de soins sécuritaires et de suivre des indicateurs de qualité des soins infirmiers. À ce chapitre, le mémoire intitulé La qualité des soins et sécurité des patients : une priorité mondiale (SIDIIEF, 2015) est très inspirant et présente les indicateurs incontournables à suivre pour assurer la qualité des soins et développer une culture de sécurité.

Nous retenons de la présentation de Mme Doyon que l’apprentissage par l’examen des erreurs peut être pertinent pour le développement d’une culture de sécurité des soins. En effet, analyser les événements passés, de manière constructive, peut être bénéfique à l’ensemble de l’équipe soignante, permet de modifier les pratiques en place et contribue à l’amélioration continue de la qualité. Pensons aussi à la richesse du partage des savoirs. Une infirmière expérimentée apporte ses compétences acquises de longue date, alors que l’infirmière débutante apporte des connaissances à jour basées sur des données probantes. L’expertise est la combinaison des compétences et des connaissances.

L’importance de bien communiquer

De plus, une communication de qualité est déterminante pour prodiguer des soins sécuritaires. La communication des observations cliniques doit être valide, précise et effectuée au bon moment. Finalement, l’infirmière ayant développé un jugement clinique et ayant une attitude prudente sera davantage en mesure de parer à toute éventualité en situation de soins. Par sa surveillance clinique, elle pourra anticiper l’évolution de la situation.

La présentation de Mme Doyon a été très inspirante pour les prochaines activités du Comité jeunesse, puisque le sujet s’inscrit parfaitement dans son mandat d’intégration des jeunes infirmières et infirmiers à la profession. La relève infirmière doit contribuer à soutenir une culture de sécurité des soins et exercer une grande vigilance pour assurer des soins de qualité et la sécurité des patients.

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