Portrait de Charlène Joyal
Chronique Jeunesse
Charlène Joyal

Les soins des plaies

Publié le 12 décembre 2013

Dans la dernière chronique sur la pratique infirmière en CHSLD, il était question de l’importance de la formation dans le développement des compétences de nos jeunes infirmières et infirmiers. À cela s’ajoutait le besoin de mettre en place des mesures de soutien clinique pour faciliter les apprentissages en pratique et assurer la mise à jour des connaissances. Cette fois-ci, je trouve intéressant de vous présenter un exemple concret d’activité réservée à l’infirmière pour lesquelles les compétences des infirmières et des infirmiers sont incontournables : le traitement des plaies.

Problème important de santé

Les plaies sont fréquentes et constituent un problème important de santé. Le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques entraînent un accroissement significatif du nombre de plaies chroniques qui peuvent avoir une incidence considérable sur la santé et la qualité de vie des personnes et de leur famille. En effet, en soins à domicile, le traitement de plaies représente une partie considérable des activités de soins, alors qu’en CHSLD plusieurs résidents ont des plaies et d’autres requièrent des plans de prévention des plaies.

Activité réservée

L’infirmière est la professionnelle de choix en ce qui a trait aux soins de plaies. En effet, le champ d’exercice infirmier au Québec fait état d’une activité réservée aux infirmières et infirmiers, soit de déterminer le plan de traitement relié aux plaies et aux altérations de la peau et des téguments et prodiguer les soins et les traitements qui s’y rattachent[1].

Cette activité réservée confère à l’infirmière la décision du plan de traitement pour les plaies et les altérations de la peau et des téguments à la lumière de son évaluation. L’infirmière peut modifier ce plan selon l’évolution de la plaie. Cette activité, qui est exercée en toute autonomie, comprend aussi la possibilité d’utiliser et de recommander des médicaments et des substances disponibles sans ordonnance[2].

L’infirmière est donc habilitée à décider des soins et traitements à appliquer, des produits et pansements à utiliser. Toutefois, rappelons que sans évaluation, aucun plan de traitement ne peut être élaboré et aucune directive de soins infirmiers ne peut être donnée.

Formation de la jeunesse infirmière

Les jeunes infirmières et infirmiers sont appelés à œuvrer dans les milieux cliniques où la prévention et la prise en charge des plaies, tout particulièrement auprès des personnes atteintes de maladies chroniques, sont centrales dans leurs activités. Ils se doivent donc d’être bien préparés à jouer pleinement leur rôle.

De façon générale, la formation infirmière initiale vise le développement des compétences chez les jeunes infirmières et infirmiers pour évaluer et traiter les plaies. Les apprentissages sont directement en lien avec les activités réservées de l’infirmière. Cependant, le traitement des plaies ne cesse de se développer et ce champ de connaissance s’enrichit constamment ce qui donne aux infirmières et infirmiers des possibilités d’interventions éprouvées et efficaces. Il importe que les infirmières et les infirmiers, tant novices qu’expérimentés, arriment leur pratique aux données probantes et actualisent sans cesse leurs connaissances en matière d’évaluation et de traitement des plaies.

Expertise infirmière

À cet égard, l’expertise infirmière dans l’évaluation et le traitement des plaies est bien connue et plusieurs médecins confirment cette expertise. Plusieurs infirmières se sont spécialisées dans ce domaine de soins et elles sont en mesure de soutenir la pratique des novices et d’agir à titre d’expert auprès des équipes de soins.

Toutefois, chaque infirmière et infirmier doit développer ses propres compétences et occuper pleinement son champ d’exercice et ce pour le bien être des patients. Le Comité jeunesse reconnait la portée de la pratique infirmière en matière d’évaluation et de traitement des plaies et invite à une pratique exemplaire afin d’éviter douleur et coûts souvent élevés faute de prévention, d’évaluation et de traitement approprié.


[1] Loi sur les infirmières et infirmiers, L.R.Q., c. I-8