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Chronique Jeunesse
Jessica Rassy

Exercer son leadership comme infirmière de la relève : trois moyens d'y parvenir!

Publié le 8 mars 2017

Le 18 février 2017, le Comité jeunesse provincial a eu la chance de participer à la biennale des ordres régionaux de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, qui avait pour thème « Ensemble, dès maintenant! ». Qu’est-ce que la biennale? Il s’agit d’un événement regroupant les membres des conseils de section des 12 ordres régionaux du Québec, à la Maison des infirmières et infirmiers.

Cette année, un des objectifs du Comité jeunesse provincial est d’aider davantage les infirmières et infirmiers de la relève à exercer leur leadership. Lors de la biennale, trois sujets ont particulièrement attiré mon attention en lien avec cet objectif :

  1. Le plan thérapeutique infirmier
  2. La formation continue
  3. La prescription infirmière.

Je partage avec vous trois moyens concrets de faire preuve de leadership qui ont émergé lors de la biennale – lesquels moyens vous permettront d’exercer pleinement votre rôle comme infirmière et infirmier.

Moyen 1 : Utiliser le PTI à son plein potentiel

J’ai trop souvent entendu de jeunes infirmières et infirmiers dire : « Je ne connais pas ce patient, c’est ma première journée avec lui » ou « Son infirmière régulière sera présente demain et pourra répondre à vos questions ». Or, si le PTI était bien utilisé, ces paroles ne seraient probablement jamais prononcées.

Tous les jours dans notre pratique, nous posons des actes de qualité, mais sans nécessairement les consigner dans une documentation de qualité. Le PTI est la meilleure façon de consigner au dossier, de manière courte et précise, le résultat de l’évaluation initiale et continue ainsi que l’ensemble des interventions infirmières déterminées, mises en œuvre et ajustées. Il s’agit d’une trace écrite du jugement clinique infirmier. Cet outil permet de retrouver les décisions cliniques liées au suivi du patient en un coup d’œil, ce qui est loin d’être de la « paperasse inutile », propos également souvent entendu à ce sujet.

Cet outil vous permet aussi, comme jeune membre de la profession infirmière, de partager votre raisonnement clinique avec l’équipe de soin et d’exercer votre leadership clinique quotidiennement. De plus, s’il est bien utilisé, cet outil pourrait devenir le document de référence pour tous les autres professionnels de la santé. Le PTI, c’est une occasion en or de faire valoir, par écrit, le rôle indispensable du membre de la profession infirmière et de démontrer son plein champ de pratique.

Moyen 2 : Tenir ses compétences à jour

Parler de PTI m’amène à aborder le sujet de la formation continue. Plus précisément, en terminant leur formation initiale, l’infirmière et l’infirmier possèdent un grand bagage de connaissances théoriques et pratiques qui aident, entre autres, à exercer un jugement clinique et à bien documenter le tout entre autres dans le PTI.

Toutefois, dans le but de maintenir et d’améliorer ses compétences, il est nécessaire de tenir ses connaissances à jour. Un nombre minimal de 20 heures de formation continue sur une période allant du 1er janvier au 31 décembre de chaque année est exigé par l’OIIQ. Par ailleurs, différentes modalités de formation continue obligatoire sont aussi exigées pour plusieurs autres professionnels de la santé tels que les médecins, les pharmaciens et les ergothérapeutes. Mais qu’en est-il des infirmières et infirmiers nouvellement diplômés? À partir de quand doit-on répondre à cette exigence? Doit-on suivre de la formation continue supplémentaire si on poursuit déjà des études universitaires? En réponse à ces questions, il est intéressant de savoir que l’infirmière et l’infirmier nouvellement inscrits au Tableau de l’OIIQ sont exemptés de cette norme pour leur première année de pratique. Par exemple, une infirmière ou un infirmier dont l’inscription au Tableau remonte à mai ou à novembre 2016 n’a donc pas besoin de répondre à cette norme pour l’inscription au Tableau en mars 2017.

Aussi, si vous poursuivez des études universitaires, vos heures de cours sont considérées comme des activités de formation accréditées. Enfin, en plus de vous permettre de tenir vos compétences à jour, la formation continue vous permet aussi de rester à l’affût des développements dans la pratique infirmière et l’élargissement du champ de pratique infirmier. D’ailleurs, la prescription infirmière en est un exemple parfait!

Moyen 3 : Détenir son permis de prescripteur

Il s’agit d’une nouvelle occasion à saisir pour élargir son champ de pratique. Le 11 janvier 2016, le règlement sur la prescription infirmière a été adopté par le gouvernement du Québec. Plus précisément, les infirmières et infirmiers ont maintenant le droit de prescrire dans les domaines des soins de plaies, de la santé publique et des problèmes de santé courants.

Pourtant, seule une minorité s’est prévalue de ce permis de prescripteur. Les arguments que j’entends souvent pour expliquer ce choix sont : « Les démarches sont trop longues », « C’est trop cher », « Je ne sais pas comment faire » ou « Je ne travaille pas dans ces domaines ». En réponse à ces raisons, d’abord, je vous informe qu’il s’agit d’une formation offerte en ligne qui ne dure que deux heures. Cette formation est très facilement accessible sur le site de l’OIIQ (voir le lien ci-dessous). Le coût de la formation est de 75,93 $ (taxes comprises), mais de plus en plus d’établissements de santé et d’ordres régionaux remboursent une partie ou la totalité de ces frais, donc informez-vous!

Maintenant, si vous ne travaillez pas dans ces domaines, en quoi cela peut vous servir? D’abord, les statistiques démontrent que la relève infirmière bouge beaucoup. Les jeunes infirmières et infirmiers changent souvent de milieu ou de départements, surtout dans les premières années de pratique. Cela dit, votre permis de prescripteur pourra donc vous servir beaucoup plus rapidement que vous ne le pensez! Ensuite, on parle souvent de pouvoir politique des membres de la profession infirmière et de l’importance de développer ce pouvoir.

En ce moment, le fait de ne pas saisir notre droit de prescrire nous vaut des commentaires du ministre Barrette, tels que : «  On constate que les infirmières, qu’on voudrait voir prescrire plus, ne prescrivent pas. Pourquoi? (…) les infirmières sont insécures. » (Journal de Montréal, 9 décembre 2016). Pour les infirmières et les infirmiers qui souhaitent étendre le droit de prescrire à d’autres milieux de pratique, comment voulez-vous négocier l’attribution de pouvoirs supplémentaires, alors que le pouvoir de prescrire n’est pas déployé à son maximum pour la population? Afin de parvenir à l’élargissement du champ de prescription infirmière, il est temps de nous unir et d’exercer notre pouvoir d’influence auprès de nos collègues; ainsi, nous augmenterons le nombre d’infirmières et d’infirmiers qui prescrivent! En bout de ligne, nous ne le faisons pas seulement pour nous, mais surtout pour mieux répondre aux besoins de la population et augmenter l’accessibilité aux soins pour tous!

À cette fin, je vous invite à vous joindre au mouvement Facebook du Comité jeunesse qui débutera dans quelques semaines et qui vise à augmenter le nombre d’infirmières et d’infirmiers de la relève ayant leur permis de prescripteur.

Pour plus de détails, visitez notre page Facebook.

Jessica Rassy,

Présidente du Comité jeunesse provincial

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